[CDM 2018] Le périple russe – Episode 2 : Moscou pour Argentine – Islande et Mexique – Allemagne

Nous avons la chance de rencontrer deux Français dans le train de nuit nous emmenant à Moscou. Ils nous racontent leurs expériences à suivre l’équipe de France mais pas que (notamment la finale de la Coupe du Monde 2010 à Johannesburg).
Le Kremlin est aussi impressionnant que sur les photos et la Place Rouge regorge de Mexicains. Ils sont largement plus nombreux aux Argentins qui pourtant jouent aujourd’hui 16 Juin contre l’Islande au stade du Spartak.

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Journal de bord de ma finale d’Europa League à Lyon

Avant le départ

Lorsque l’OM se qualifie après un retour dantesque contre  Leipzig et que le tirage nous offre le  Red Bull Salzburg en demi-finale, ça commence à fleurer une douce odeur de finale, à Lyon qui plus est. Mais je connais trop mon OM pour m’emballer à ce stade de la compétition. Salzbourg nous a déjà battu en phase de poules rappelons le, et ils viennent de sortir Dortmund et la Lazio.


A lire également, la présentation du match aller.


Après le 2-0 du match aller, ce doux parfum de rêve me revient aux narines. Je commence à chercher des places. Mais, toujours inquiet face à mon OM imprévisible et un peu superstitieux, j’arrête bien vite mes recherches, tant que la finale n’est pas validée. Puis surtout, je ne sais pas avec qui y aller : un de mes potes est chaud, un autre veut bien mais max 250€, un troisième est chaud + habite à Lyon, mais sa femme attend un bébé, arrivée prévue aux alentours de la finale. Suspens donc.

L’heureux évènement arrive au bout du bout des prolongations avec cette tête de Rolando (<3) qui nous propulse en finale officiellement. Le second heureux évènement, le plus beau de tous, se produit dans la nuit qui suit avec la naissance de cette jolie petite fille !
C’est bon, on est prêt, on est en finale. On peut chercher 3 ou 4 places, selon les prix.


Pour revivre la demi-finale Salzbourg-Marseille vue des tribunes, c’est par ici.


Le système de l’UEFA étant ce qu’il est (pourri, facilitant le marché noir), nous voici donc à la recherche du précieux sésame sur de sombres sites obscurs venus des bas fonds de l’Internet. Evidemment, vu le prix, je prends la peine de taper « nom du site + arnaque » et « nom du site + avis » sur Google pour me sécuriser (ou pas).

Je trouve 2 places sur leboncoin suisse (annibis.ch). 850€. Bon, on est 3 à vouloir aller à la finale à ce prix, mais c’est mieux que rien.

Et là, le miracle, un vendeur à 100+ ventes, 5/5 en review, propose 3 places aux enchères sur eBay. Mon pote enchérit. On se dit : on ne dépasse pas 350 chacun.
On est longtemps en tête. Ca s’emballe dans les derniers instants. On obtient les billets pour 360€ chacun. Ok on a dépassé le budget mais franchement, on n’est plus à 10€ près.
Bon, c’est pas tout mais il faut encore que je pose mes congés moi, j’ai 4h de route pour me rendre à Lyon.

Une fois les billets réceptionnés (le lundi avant la finale !), on pose les congés et on se donne rdv à Lyon.

Départ pour Lyon

Soyons honnête, aller à Lyon depuis la Suisse est moins une expédition qu’aller à Kiev depuis la France.
J’ai posé mon après-midi. Je prends mon maillot, un pull, je pose tout ça dans la voiture et je file travailler tôt. Au boulot, tout le monde me parle du match. Evidemment. 12h32, je décolle.
Je prends ma playlist « Marseille » (Psy4, Mino, IAM, FF, Massalia Sound System, Akhenaton et évidemment le bon vieux OM All Star) et en voiture Simone. Vu l’heure, peu de bouchons. Malgré un arrêt à la douane pour formalités administratives, le trajet se déroule assez vite. J’arrive à Lyon comme prévu vers 17h.

Le précieux sésame

Arrivée à Lyon

J’arrive chez mon pote (sans mon maillot de l’OM porté, rappelons que les « supporters » lyonnais ont promis un accueil « chaleureux » aux supporters marseillais), et là, que vois-je juste en face ? Le bus de l’ATM.

Oh, un bus sauvage apparaît

En homme civilisé je résiste à la tentation d’aller lui crever les pneus. On va plutôt aller faire un FIFA en attendant le 3e loustic, qui descend de Paris.

Il arrive, c’est parti, en route pour le stade.

Arrivée au Stade

Il faut savoir que pour aller au Groupama Stadium / stade des Lumières / Parc OL / Formidable Outil Connecté / Ruche aux abeilles / on ne sait pas comment le nommer il a 143 noms différents, c’est la galère. Soit on vient à pieds, soit on paye le parking mais il est fermé ce jour là, soit on prend UN tram. Oui oui, il n’y a qu’une ligne possible. Bien organisé le machin. Surtout que c’est en périphérie.


Pour plus d’informations sur le Parc OL, relisez cet article sur OL – Montpellier.


On fait donc la queue en attendant de prendre le tram.

Légère domination territoriale de l’ATM (et, oui, léger recul en défense de mes cheveux)

Normalement, le tram nous pose devant le stade. Mais là, vu que c’est la finale, autant se compliquer la tâche. Donc le tram s’arrête à l’arrêt d’avant et il faut marcher 5 minutes. Soit. L’ambiance est bonne, les Madrilènes sont chauds et chaleureux. Les Lyonnais qui avaient promis un accueil musclé regardent le pré-match à la TV. Todo va bene.

On arrive devant le stade. On va enfin rentrer. Eh bien non ! Là ce ne sont que les supporters espagnols qui peuvent accéder à l’enceinte. On aurait pu simplement rentrer dans l’enceinte et faire le tour juste devant le stade, mais non, trop facile. Les supporters marseillais doivent marcher « 2 minutes puis tourner à gauche » selon un stadier.
En fait, on se retrouve à marcher/courir 20 minutes pour faire le grand tour et on rate presque le coup d’envoi. Des bus pour y aller ? Bien sûr que non ? Des informations en amont ? Bien sûr que non. Un guidage fléché ? Bien sûr que non.

Donc normalement, les jours de match, le tram s’arrête au point noir. En rouge, le trajet des supporters espagnols. En bleu, le trajet des supporters marseillais

Assez échaudé par ce détour dont on aurait pu se passer (même le policier à l’arrivée, nous demandons d’où on vient, a semblé désabusé devant l’organisation aberrante), nous avons toute fois pu sentir la pression monter avant le match. Et assister à quelques « stickages ».

La guerre des stickers commence sur le chemin pour le Stade
La guerre des stickers est maintenant gagnée par les supporters Marseillais.
Et dire que c’est un pote à moi qui a construit cette statue…

20h30 on arrive enfin dans le Stade. On va vite prendre nos places et on profite de la fin du spectacle d’Offenbach avant le début du match.

Par chance, on est à côté des supporters marseillais. Jean-Michel Aulas, on va tout casser chez toi !

Le Match

L’ambition est simple : ne pas faire comme en 99 et en 2004, ne pas avoir « match perdu » trop vite. qu’il y ait du suspens. Vibrer. On est là pour ça. Et si, sur un malentendu on peut gagner, on ne va pas se priver.

Le match commence très bien avec cette ouverture lumineuse de Payet pour Germain, qui fait un super appel mais sa frappe est trop envolée (penche le corps vers l’avant, comme dirait Jean-Michel Larqué). Dommage. On domine, on fait une grosse entame de match. Zambo est impressionnant, il est sur tous les ballons.

Il suffit que je dise ça à mes potes pour qu’il nous gratifie d’un contrôle américain, conclu comme il se doit par Griezmann. Conjugué la sortie sur blessure de Payet, les Dieux sont contre nous.

0-1 à la MT, et surtout, aucune occasion dangereuse concédée à part l’erreur du but. On est bien en place, on produit du jeu. On peut encore espérer.

Au retour des vestiaires, c’est plus compliqué. L’Atletico accélère et Griezmann s’en va marquer le 2e but, aidé par un air-marquage d’Amavi. C’est rageant. On est un peu résigné pour la fin du match, mais on s’autorise à prendre du plaisir, à profiter de cet instant. Par quelques rares occasions on se met à vibrer un peu. Comme sur cette tête sur le poteau de Mitroglou notamment, ou cette frappe d’Amavi avant. La frappe d’Njie nous a beaucoup fait rire également, même si on prend le 3e but sur la touche qui a suivi, celui-ci est anecdotique.

On ressort du match assez frustré (3 tirs cadrés 3 buts) mais on reste quand même pour la remise du trophée, au prix où on a payé la place, autant en profiter à fond ! Puis autant s’en servir pour féliciter les joueurs, qui restent sur le terrain.

Après le match

Petites anecdotes de fin de match. Germain semblait très touché par la défaite (et son occasion ?), il pleurait et semblait vraiment bouleversé. Bouna Sarr est allé faire un câlin à sa famille dans les tribunes pendant la remise du trophée. Beaucoup de joueurs n’ont pas voulu mettre la médaille autour du coup, trop déçus. A la fin du match, c’est Sarr et Amavi, puis Gustavo et Rami, qui sont allés voir les supporters pour les remercier. Mandanda est le seul joueur allait rentrer aux vestiaires, seul, quand il a entendu le public applaudir et a fait demi-tour.

Malgré l’immense amour que j’ai pour Mandanda, cette attitude est très décevante, surtout venant du joueur le plus capé de l’histoire de l’OM et qui se revendique leader et capitaine. Mais bon, chacun gérant la déception comme il peut, ne lui en tenons pas rigueur.

En sortant du stade j’ai la chance de croiser René Malleville, Toifilou Maoulida et surtout Mamadou Niang. Un petit selfie avec le meilleur attaquant de l’OM de ces 20 dernières années aura été le point d’orgue de cette soirée.

Il se fait tard, j’ai encore 4h de route et j’ai une réunion le lendemain matin 8h30 : il est temps pour moi de prendre la route et d’abandonner mes potes.

 

Merci à l’Olympique de Marseille pour cette expérience magique. On recommence quand vous voulez les gars (et dorénavant, je participe à tous les tirages au sort pour acheter des places pour les finales de compétition UEFA #Astuce)

 

Journal de bord de ma finale de Ligue des Champions à Kiev

Avant le départ

Lorsque Liverpool se qualifie contre l’AS Roma le 24/04, je ne me donne pas le choix : Je dois vivre cette finale à Liverpool ou à Kiev. Les prix étant démesuré pour Kiev depuis Paris, Lyon ou Genêve, j’achète immédiatement un A/R pour Liverpool avant que les prix gonflent. Je suis content. Quelques minutes plus tard, moi et mon ami Thomas découvrons l’existence d’une ligne directe Nice – Kiev (et retour par Francfort) pour 350€. On ne résiste pas et je viens donc de perdre 40€ de frais d’annulation par précipitation. Car heureusement, et c’est bon à savoir aussi pour vous, la compagnie Easyjet est la seule compagnie low-cost à permettre d’annuler sous 24h d’une réservation.

A cette heure, je n’ai aucune assurance d’obtenir une place. C’est un gros pari. Je compte sur l’association française de supporters de Liverpool pour en avoir une, mais n’ayant participé qu’à Hoffenheim à domicile sur cette saison de Coupe d’Europe, je ne suis pas du tout prioritaire. Mon état d’esprit reste néanmoins d’y aller pour faire la fête sans billet. Ma chance, autant que mon malheur, c’est que Kiev est une destination aussi compliquée que couteuse pour les fans de Liverpool.


Pour revivre la demi-finale Liverpool – AS Roma vue des tribunes, c’est par ici.


En effet, l’organisation de cette finale est chaotique pour les fans des Reds : Tout d’abord, il y’a un système assez long d’attribution des places par le club (selon la fidélité européenne, puis bien plus tard par tirage au sort) et le temps joue en la défaveur de tous. Les compagnies aériennes se font le plaisir de facturer des vols A/R à 1 000€, comme certains Airbnb ou hôtels pour la nuit de samedi. Les vols s’épuisent malgré tout et quand la billetterie (aux critères variables) ouvre pour obtenir une place de match, les fans ne trouvent parfois même plus d’avion disponible pour ce trajet… Imaginez donc le sentiment vécu à cet instant : avoir le droit à sa place mais être incapable de s’y rendre ! Des vols charters aux prix toujours délirants finissent heureusement par s’organiser à une dizaine de jours de la finale. Avant la désillusion : 3 de ces vols (soit 1 000 fans) sont annulés à quelques jours de la finale parce que l’aéroport de Kiev est surchargé et incapable d’accueillir ces avions. Surréaliste !

 

 

Une situation à peine mieux gérée depuis Madrid puisque le club n’a tout simplement même pas trouvé 16 000 supporters pour faire le voyage (source). Des places impossibles à redonner aux Reds par mesure de sécurité. Le choix de ne donner que 16 000 places par club paraissait honteuse mais l’UEFA s’est probablement donnée raison du fait d’une autre décision ridicule : disputer cette finale à Kiev. C’est l’une des premières fois qu’une finale se dispute dans un pays non occidental. La mauvaise expérience continue puisque le jeudi, des hooligans ukrainiens attaquent des supporters de Liverpool dans un restaurant (source).

Départ pour Kiev

Je pars vendredi soir vers Marseille avant de rejoindre samedi matin l’aéroport de Nice. On retrouve une dizaine de fans de Liverpool à l’aéroport. Pour réussir à se rendre à Kiev, des scousers ont passé quelques jours à Nice pour prendre cet avion. Certains ont payés 600€ la place sur un site de revente. Des amis à eux avaient des places mais ont eu leur avion annulé (cf. ci-dessus) sans avoir le temps de les revendre à des fans (ndlr: le club proposait le remboursement). Parmi les autres choix de transport, des fans sont même partis en voiture et en bus d’Angleterre. Soit une trentaine d’heures de trajet. Un sacré périple ! Du côté des membres de la French Branch, on en a même eu qui se sont retrouvés à passer la frontière de Transnistrie (à lire ici), État non reconnu depuis la dislocation de l’URSS en 1991 ! Une belle image a retenu mon attention à Nice : lorsqu’un enfant nous voit avec nos maillots pour aller au match, ses premiers mots : « VOUS ALLEZ VOIR MO SALAH !« . Dans un football qui depuis 10 ans n’est dicté que par Ronaldo ou Messi, qui d’autres que Salah a déjà atteint cette popularité auprès de tous les publics et sans diviser ?

Arrivée à Kiev

On arrive à Kiev en début d’après-midi, sans aucun retard. A notre sortie de l’aéroport, un bus gratuit attend les fans de Liverpool. On ne perdra aucune minute. On ne perd pas non plus une minute pour désactiver nos données mobiles : Le Mo est facturé 10€ (ndlr: aucune faute de frappe), un peu cher… Sur les 45 minutes qui nous séparent de la ville, on commence à découvrir l’Ukraine et des bâtiments très anciens. Le bus nous dépose directement dans la Fan Zone réservée aux Reds : Le Shevchenko Park. Le Real a aussi la sienne, et une autre Fan Zone neutre (avec tous les stands des partenaires commerciaux de l’UEFA) existe aussi. Le parc est très joli, et nous laisse quasiment toujours à l’ombre. Les fans ont déjà posé des drapeaux et bannières partout. Ça chante ici et là, et notamment sur une petite zone avec une scène musicale. Quelques artistes (en lien avec Liverpool) viennent s’y produire.

On se bouge rapidement vers un pub un peu plus loin pour rejoindre les membres de la French Branch. C’est à ce moment que je vais apprendre que j’ai ma place pour la finale de Ligue des Champions (Merci à Ant et Ruz) grâce à des places issues du ballot UEFA !

On passe ensuite l’après-midi en Fan Zone et autour. Les stands de la Fan Zone semblent très appétissants mais en milieu d’après-midi la plupart sont déjà à court de nourritures. Il est donc préférable d’aller faire un tour ailleurs. On adore rapidement le coût de la vie à Kiev, 3x moins cher qu’en France. On n’a donc pas à s’inquiéter de nos dépenses. On dépose nos sacs sous une tente prévue à cet effet puis on va rapidement au stade en prévision d’éventuels problèmes d’organisations. Mais finalement, l’organisation à Kiev est très bonne.

Arrivée au Stade

On rentre dans le NSC Olimpiski à 2 heures du coup d’envoi. Étrangement, tous les accès sont ouverts dans ce stade et on peut donc facilement ne pas respecter son bloc. Encore faut-il trouver une place libre. D’extérieur comme d’intérieur, le stade n’est pas mémorable. On a une piste d’athlétisme autour, alors forcément… A savoir, parce qu’il faut bien y venir, que 50% des places coutaient 160€ (mon prix), d’autres allaient jusque dans les 500€. Bref, un véritable racket de l’UEFA dont on a pris l’habitude. Autant dire que les prix ne se destinaient pas aux ukrainiens. Des locaux m’ont dit payer 3€ pour le Dynamo Kiev. Ou 10€ pour des matchs plus importants (LdC ou sélection nationale), ce qui représente une somme déjà trop importante pour eux (salaire moyen à 235€ en Ukraine). Pour continuer à parler argent, le vainqueur touche 15M de plus que le finaliste qui touche lui-même 11M de plus qu’en demi-finale soit 37 Millions d’€ distribués sur cette finale.

Le stade n’est pas encore plein que les bannières rouges sont déjà posées et commencent à prendre les 3/4 du stade. Je suis en théorie à côté de l’espace réservé aux 16 000 Reds mais dans la réalité, les supporters de Liverpool dépassent largement cette zone et je ne suis donc pas du tout à l’écart des chants qui ont déjà débuté. Les madrilènes, en peuple de piètre qualité qu’ils sont, viendront au dernier moment dans le stade. La moitié du stade semble clairement pour nous.

A chaque finale, la grande fête UEFA. Cette année on a le droit à DUA LIPA, nouvelle reine de la Pop anglaise de 22 ans qui a largement dépassé les frontières : des clips atteignent le milliard de vues. Comme tout bon show d’un grand événement sportif avec un medley de plusieurs tubes en 6 minutes, l’intérêt et les sensations côtoient le néant. Son show est à revoir ici.

Le Match

Pour lancer le match, c’est sans surprise une forte domination des tribunes par les Reds. Néanmoins les Madrilènes sont les seuls à proposer un « tifo ». Les joueurs de Liverpool rentrent bien dans le match jusqu’à la blessure de Salah par Ramos. Un geste qui me fait beaucoup penser à ce qu’on peut voir de temps en temps en NBA et qui déclenche toujours une vague unanime d’opinions de joueurs à l’encontre du fautif. Ici, certains diront que « ce n’était pas volontaire ». Après, il faut reconnaitre le génie tactique de Sergio Ramos, en plus d’être un immense défenseur.

On termine la première mi-temps sur un score vierge et équilibré. Aucun joueur de Liverpool ne rate sa finale, et ça, c’est quand même pas rien car personne ne nous prédisait d’atteindre ce niveau de la compétition.

Pour ponctuer sa saison catastrophique et d’une calamité que je n’ai sérieusement jamais vu auparavant sur une aussi longue distance (Barthez, 14 matchs au FCN après avoir joué attaquant au niveau amateur), Karius va commettre l’erreur qui pourrait lui couter sa carrière professionnelle. Des questions m’envahissent : Karius vient-il de me surprendre un peu plus ? Suis-je finalement assez peu étonné de l’en voir capable ? On parle d’un gardien qui concède un corner (proche du CSC) sur un dégagement en six mètres. C’est très grave. Mon opinion sur lui que j’ai souvent répété sur Twitter : Il a profité d’une énorme chatte, Liverpool concédant quasiment aucune frappe cadrée mais pour presque autant de buts, pour faire croire à certains qu’il était bon. Pendant ce temps, notre attaque atomisait les adversaires. Il a aussi commis de grosses erreurs oubliées grâce à des hors-jeu, etc. Et à la fin, en faisant les comptes de sa saison, il doit avoir l’un des pires ratios de buts encaissés par frappes cadrées.

 

Je m’acharne mais il a bien fallu chercher du positif dans tout cela : Liverpool a poussé pour égaliser rapidement et c’est ce qu’ils ont fait. J’ai envie de croire que ce but de Mané n’aurait pas existé sans l’erreur de Karius. Et ce but de Mané, c’était quand même une putain d’expérience quasi-religieuse, comme dirait l’écrivain américain David Foster Wallace. C’est ce moment qu’on retiendra de toute la finale. Après, on perd sur un but exceptionnel du remplaçant Gareth Bale. Même mené et avec un premier remplacement très tôt dans le match par défaut, on n’aura pas utilisé nos 3 remplaçants dans ce match. Ça vous place la qualité du banc. En dépit du fait que le XI de Liverpool ait déjà marché sur l’Europe cette saison, son processus de création en tant que groupe de 20 joueurs a à peine démarré. Sans gardien et sans banc, on atteint logiquement des limites dans une finale face au Real. L’autre erreur de Karius sur le troisième but, même Mignolet en a déjà réalisé et aurait pu de nouveau la faire. Le Belge a beau être meilleur, on a 0 gardien pour ce niveau qui ne pardonne pas l’erreur.

 

La colère passée, on veut pardonner à Karius (en lui demandant de se barrer par la petite porte). Après tout, les erreurs sont surtout celles du staff technique qui s’entête à faire jouer un gardien aussi médiocre. D’ailleurs, qui sont ces entraineurs de gardiens qui rendent chaque gardien plus mauvais qu’ils ne l’ont jamais été à Liverpool ?

Ce qui m’a sinon quand même déçu dans les tribunes, au delà du stress normal d’un tel match, c’est qu’on aurait pu beaucoup plus chanter à 2-1, alors que nous n’avions plus grand chose à perdre. L’ambiance était assez morte à cet instant tandis que les madrilènes se faisaient bien entendre (c’est un peu la honte). Aussi génial soit le chant AllezAllezAllez, il est aussi devenu tellement utilisé qu’on en entend plus d’autres. Un peu dommage.

A la fin, tout le monde reste fier de l’équipe et les chants reprennent dont le YNWA. Karius est abandonné dans sa surface, les joueurs n’ont pas la tête à venir l’aider et lui mentir « C’est pas ta faute« . La solitude du gardien. Il viendra s’excuser devant nous et recevra des applaudissements polis. On n’a pas encore parlé de Lovren, en pleurs lui aussi (son père était déchainé parmi les fans), qui a réalisé un match parfait. Il est même l’auteur de la passe pour Mané. Lovren semble décidément se construire mentalement pour les grands RDV où il atteint toujours son meilleur niveau. A croire qu’il est plus facile de défendre avec Van Dijk qu’avec Klavan ou Matip. Le football peut parfois sembler tellement mystérieux ! Sa réputation lui coûte sinon souvent des décisions en sa défaveur en PL : Avec la même oeuvre que Ramos ce soir, il ne finirait pas le match.

Après le match

La défaite rend moins alléchante la nuit sans logement qui nous attend. On décide donc de profiter de l’hospitalité des habitants de Kiev, qui par des hashtags (#FreeKyivCouch4Fans) et groupes Facebook (+ de 8000 membres), ont décidé d’accueillir les supporters pour contrer la hausse des prix des hôtels et Airbnb. Nous voilà donc parti en métro vers un Pub où se trouve notre hôte avec ses amis. Le métro ne coute rien pour nous (20 centimes) mais on a pu constater que les arrêts étaient vraiment très éloignés comparativement à ce que l’on connait en France. On arrive sur place, c’est l’occasion de discuter avec des ukrainiens et d’enrichir notre expérience, à défaut de fêter une victoire. Le moment est donc très sympa. On prend à manger au pub, puis l’hôte, community manager dans la vie, nous amène dans son appart près de l’Université of Kiev Faculty of Radio Physics, Electronics and Computer Systems (vous vous en foutez mais c’est mon journal de bord après tout). On a tout ce qu’il faut pour nous laver et dormir. Le lendemain matin, elle nous emmène avec son copain dans un café qui a l’air plutôt huppé. Parce qu’ici ça ne vaut rien je me fais plaisir : 2 parts de gâteau, smoothie et jus d’orange pour moi. Les hôtes insistent pour payer : Nous sommes les invités (le salaire moyen d’un ukrainien est de 280€). D’autres fans ont également eu un véritable festin par les hôtes. Une hospitalité qui nous en a fait conclure qu’ils avaient probablement besoin de changer nos a priori sur l’Ukraine. Plutôt avec succès en ce qui me concerne.

Dimanche

Le calme commence à revenir en ville à partir de dimanche, je n’ai même pas vu de madrilènes festifs à la sortie du stade la veille. On va donc profiter de cette journée pour visiter Kiev. D’abord en se promenant tout simplement dans le centre-ville, et notamment sur la Place de l’Indépendance (dit Maidan Nezalezhnosti) puis en se rendant à la statue de la Mère Patrie (Motherland), haute de 61m et construite en 1981. Elle se trouve au Musée de l’histoire de l’Ukraine dans la Seconde Guerre mondiale. On a visité ce musée pour 1€, c’est l’un des musées les plus impressionnants que j’ai pu faire, alors à ce prix… Il est facile en revanche de lui reprocher de n’avoir aucune traduction anglaise, le guide (qui ne doit pas couter bien cher) doit donc être très utile. Mais même sans, en le parcourant à la va-vite comme nous l’avons fait, il y’a déjà énormément de temps à y passer.

Le soir, on retrouve des membres de la French Branch pour aller manger au Khinkali, un restaurant géorgien. C’est l’un des meilleurs restaurants de Kiev selon Tripadvisor (18ème). C’était effectivement très sympa avec un cadre et une ambiance anthentique. Soit la barrière de la langue nous a trop fait commander, soit les ukrainiens ont le ventre plus gros parce qu’on pensait réellement avoir terminé le repas après l’entrée. Plus personne ne pouvait encaisser plus. Il restait en réalité encore les plats de viande… Autant dire qu’on a très bien mangé pour finir ce séjour en Ukraine.

Après ça, il fallait se reposer en préambule de mon retour en France et des 7h de route qui allait s’en suivre pour retourner bosser dès mardi. On avait réservé à la va-vite et au moins cher après le match aller de Rome. Le prix au City Center Hostel était donc très correct : 30€ pour 2. Mais je n’ai vraiment rien vu de ce que l’on peut voir sur Booking. On a été mis dans un placard (cf. ma vidéo) et l’une des deux douches étaient cassées. En revanche, sa situation géographique est excellente. Je conseille cependant de s’en éloigner pour avoir mieux.

Retour en France

Lundi matin, il ne reste plus qu’à prendre la route pour l’aéroport et rentrer chez soi. On est forcément frustré de ne pas avoir gagné mais c’était une superbe expérience. Vivre une finale de Ligue des Champions pour son club est un rêve. J’accepte plutôt bien la défaite car on a juste atteint nos limites face au triple Champion d’Europe (poste de gardien et banc de touche). Mais j’accepte beaucoup moins que Salah puisse rater son rêve de disputer la Coupe du Monde pour l’Egypte. Ça, ça me fait vraiment chier parce que contrairement aux boulettes de Karius, mes scénarios imaginés ne pouvaient pas prévoir ça. Et ça dégoute quand la blessure volontaire vient de celle d’un récidiviste impunie.

Maintenant, espérons que ce match ait au moins servi au club à prendre une décision urgente sur le poste de gardien de but. On ne peut pas exister en Premier League sans prendre au sérieux ce poste. Il suffit de voir les miracles que peuvent faire Manchester United avec un jeu médiocre mais avec un gardien de but exceptionnel pour s’en convaincre. Liverpool est à un très bon gardien près de devenir une équipe définitivement exceptionnelle. Il ne faut pas rater cette étape ! Si Karius reste un titulaire ici alors le club donnera la légitimité à Mané, Salah et Firmino de demander un départ du club. On ne peut pas ne pas retenir la leçon de ce qui s’est passé samedi.

 

Liverpool – AS Roma: 1/2 Finale de LdC

Liverpool – AS Roma : cette rencontre a tout d’une grande soirée de football !

Les deux invités surprise de ces demi-finales de Ligue des Champions s’affrontent pour rêver encore un peu plus ! D’un côté Liverpool, qui 10 ans après retrouve une demi de C1. Les Reds semblent favoris après avoir fait tomber avec la manière l’ogre Man City au tour précédent. De l’autre côté la Roma, qui a créé l’exploit de renverser le grand Barça. Cela promet un match ouvert où chacun à sa carte à jouer.

 

Avant-match

Pour assister à cette rencontre, je pars de Paris en avion et atterri à Manchester. Déjà à Paris, je suis dans l’ambiance du match. En effet, plusieurs personnes abordent les couleurs des Reds dans l’avion. On le sait, les Reds sont populaires dans plusieurs pays et notamment en France. Comme chaque rencontre, des Fans du monde entier se rendent au bord de la Mersey.

Arrivé à l’aéroport, c’est de mieux en mieux, il y a du rouge partout ! Le train pour Liverpool est bondé de fans, alors que nous sommes 7h avant le match en pleine semaine ! Il y a même une poignée de fans italiens, qui ont bien l’air d’être des ultras. En arrivant dans ma rame, trois d’entre eux croisent deux fans anglais habillés en Stone Island. Ils leur jettent un regard. Les deux anglais ne les remarques même pas, trop occupé à siroter leur bière. Je m’attends alors à un avant-match animé.


Pour en savoir plus sur comment aller voir un match au UK, et surtout à Liverpool, voici le guide du Groundhopper au Royaume-Uni.


A la gare de Liverpool Lime Street, j’aperçois en sortant sur le centre commercial St-Johns un message pour les supporters romains : Benvenuti a Liverpool. Les anglais savent d’une manière générale bien accueillir les supporters adverses.

Je me dirige ensuite vers mon auberge de jeunesse, où je recroise les 3 italiens de ma rame. Cela me permet d’échanger avec eux. Ils font partie de la Curva Sud et seulement deux d’entre eux ont un ticket. Ils me disent que de nombreux fans sont venus d’Italie sans ticket. Ils essayeront d’en avoir au marché noir. L’auberge est déjà dans l’ambiance du match où de nombreux fans des Reds sont également présents.

Je me dirige alors vers le centre-ville pour prendre la « température ». Il est 14h et l’ambiance est assez calme mais je trouve qu’il y a beaucoup plus de monde habillé aux couleurs de Liverpool que d’habitude. On sent que ce soir se joue une rencontre historique. Malgré tout, en ce jour de semaine, la ville est beaucoup moins animée que lors des matchs qui se jouent le week-end. Les fans d’Everton, habituellement assez présent, se font discrets. Je n’en ai vu qu’un seul. C’est sûr que voir du rouge partout ne devait pas les enchanter. Quant aux fans romains, ils sont eux aussi discrets. Il semble nombreux dans la ville, mais se baladent en petits groupes. Peu à peu, l’atmosphère évolue. On entend une poignée de fans des Reds chanter dans quelques coins de rues. Les bars et restaurants se remplissent de maillots Reds. Mais rien de plus, il est sans doute un peu tôt encore. Je décide donc de me diriger vers le stade. Il est 16h30.

Je ne suis jamais arrivé aussi tôt avant un match à  Anfield. L’atmosphère monte tout doucement. Je me pose dans un pub où il y a déjà pas mal de monde. En faisant le tour du stade, je passe devant le Mémorial d’Anfield. Le triste anniversaire de la tragédie d’Hillsborough a eu lieu il y a quelques jours, et cela se voit. Il y a beaucoup plus de fleurs de déposées que d’habitude. Les commémorations outre-manche m’impressionneront toujours. En passant devant l’entrée des joueurs, je suis surpris car il n’y a personne et aucune barrière. Je comprends pourquoi en continuant mon tour du stade quand j’entends enfin des chants ! J’aperçois même des fumigènes. Les fans des Reds se sont réunis pour attendre le bus des joueurs. Il semblerait que pour cette fois-ci le bus arrive du côté de la Kenny Dalglish Stand, peut-être à cause des incidents lors du tour précédent contre City ? Quoi qu’il en soit, il est 17h15 heure locale, soit 2h30 avant le coup d’envoi. Les fans des Reds sont nombreux, je pense que certains sont là depuis plus d’une heure, et ce malgré la pluie continue depuis mon arrivée au Royaume-Uni. Les chants résonnent en continue, toujours accompagnés de fumigènes. Le nouveau chant des fans « Allez Allez Allez » est repris à plusieurs reprises. Souvent alterné avec celui à la gloire de Mo Salah. (voir ces chants dans les vidéos plus bas)

La police est présente massivement, bien plus que d’habitude. Des barrières ouvrent le chemin pour les bus. Tout le monde essaye de trouver un peu de hauteur pour voir le bus arriver. Certains montent sur les toits, d’autres dans les arbres. Des fans montent même sur deux camions de police qui sont en stationnement. Ils s’offrent le luxe de craquer des   fumigènes mais se font déloger après 10 bonnes minutes. La pression monte.

 

A 18h30, le bus des Reds arrive enfin. Des fumigènes craquent de partout, les fans chantent tous en cœur. C’est incroyable. L’ambiance est déjà magique. Plusieurs heures d’attente sous la pluie pour moins d’une minute de passage du bus. Ça paraît fou, mais ça valait le coup. Le bus romain arrive dans la foulée sous les huées même si ça s’est mieux passé que celui de City. Les fans sont prêts à mettre une ambiance de folie, les joueurs sont prévenus. This is Anfield.

Le passage des bus étant terminé, je pars rejoindre les autres membres de la French Branch Liverpool FC. Je passe devant la section réservée aux fans romains où l’on peut voir de nouveau un message d’accueil « Benvenuti As Roma Fans ». Pour ce match historique, j’ai la chance d’être dans le KOP. Ça promet.

A 45min du coup d’envoi, je prends place dans le KOP. On sent déjà que l’ambiance est particulière. La section réservée aux fans de Rome est déjà quasiment pleine. Je trouve aussi le stade déjà bien rempli par rapport à d’habitude. On entend même quelques chants côté LFC.

L’atmosphère d’avant-match était donc remarquable, mais je m’attendais à mieux côté romain. Je n’ai pas vu grand-chose de leur part. Même pas un cortège. Petite déception. J’ai appris plus tard qu’ils se sont fait voir lorsqu’une quinzaine d’entre eux ont attaqué des fans Reds devant le KOP, à 15min du coup d’envoi. Étant dans le stade, je n’ai rien vu de tout ça.

Le protocole Ligue des Champions l’obligeant, juste avant l’entrée des joueurs, Anfield se met à chanter le mythique « You’ll Never Walk Alone ». J’en ai des frissons. C’est incroyable. Sans aucun doute le plus beau que j’ai vu jusqu’à présent. Tout le stade brandit son écharpe. On voit les flashs des vidéos depuis la tribune romaine. Le YNWA dure longtemps, plus longtemps que d’habitude, mais est toujours aussi intense. Les joueurs rentrent sur le terrain, l’ambiance est toujours aussi indescriptible depuis le KOP. A tel point que je n’ai même pas entendu la musique de la Ligue des Champions. Petite déception mais je suis tellement impressionné par  cette atmosphère des grands soirs.

 

Match

L’ambiance est toujours aussi magique. Étant en face des fans romains, il m’est difficile de les entendre. Beaucoup de gestuelle de leur côté au début du match. Ils semblent en forme, tout comme leur équipe qui domine en ce début de rencontre. Ils sont tout prêts de cueillir à froid Anfield sur une frappe de Kolarov qui trouve la barre transversale. Peu à peu, Liverpool reprend la main mise sur le match. Anfield pousse de plus en plus son équipe. Les occasions s’enchainent. Les Reds trouvent enfin la faille par deux fois, grâce à « The Egyptian King ». 2-0 à la mi-temps, les fans osent à peine y croire.

Mo Salah The Egyptian King Liverpool v Roma 24/04/18

Au retour des vestiaires, c’est un festival. 5-0 en 70 minutes. Anfield n’en croit pas ses yeux. L’ambiance est indescriptible, tout le stade agite son écharpe et chante « Allez Allez Allez ». Les fans se voient déjà à Kiev mais les deux buts romains en fin de match les ramènent sur terre. Les fans romains, éteints depuis l’ouverture du score de Salah, se réveillent après le but de Dzeko. Anfield semble partagé. Bien que la performance réalisée par son équipe soit magnifique, le doute s’est installé. L’ambiance peine à exploser en fin de rencontre. C’est dommage tant elle fût incroyable tout au long du match. Le match se termine. Victoire 5-2 des Reds. Tout est encore possible. Malgré la victoire, les fans des Reds paraissent inquiets pour le retour. Tandis que les fans romains chantent comme s’ils avaient gagnés la rencontre.

A la fin du match, quasiment aucun tour d’honneur. Les joueurs saluent rapidement les supporters. Ils semblent pressés de rentrer. Pourtant, pour une fois très peu de fans ont quitté Anfield avant la fin du match. Comme pour faire perdurer cette soirée historique.

 

Après-match

Le match une fois terminé, je quitte le stade avec les autres membres de la FB. L’un d’entre eux me dit que City était encore mieux. Surprenant, tellement l’ambiance était folle aujourd’hui.

Cependant de nombreux fans chantent en quittant le stade. Finalement, on dirait que la joie de cette victoire prend le dessus sur la déception de la fin de rencontre. On décide d’aller fêter ça dans un pub proche du stade, où l’ambiance est digne des plus belles soirées. Plus d’une heure après la fin du match, nous prenons le bus pour nous diriger vers le centre-ville. Là encore, ça chante à la gloire des Reds. Le chauffeur demande aux passagers de se calmer, en vain. C’était là aussi incroyable. Même lors de matchs précédents avec une belle victoire des Reds contre l’un des gros de Premier League, je n’ai pas vu ça. Encore plus incroyable une fois arrivé en ville, on entend chanter de partout. La place du Concert Square, l’une des places les plus animées de la ville, est bondée. Impressionnant pour un mardi soir. Tout le monde chante à la gloire de Liverpool. On aperçoit même des drapeaux accrochés. Je n’ai jamais vu ça à Liverpool. A noter que je n’ai vu aucun romain en ville à l’après-match. C’est sans importance, la soirée est partie pour continuer jusqu’au bout de la nuit.

Il est temps pour moi de rentrer après cette soirée dont je me souviendrai pendant encore longtemps, comme tous les amoureux des Reds sans aucun doute.

Le lendemain, je croise des fans de Rome dans le train pour Manchester. Les deux buts marqués leurs donnent de l’espoir. Ils ont réalisé l’exploit une fois, pourquoi ne pas recommencer ? Quoi qu’il en soit, ça promet un beau match retour. Vivement mercredi.

Japon – Mali à Liège et « Vahid m’a tuer »

Les joies de la trêve internationale de Mars et ses matchs de plus en plus originaux. Pour les 32 équipes qualifiées à la Coupe du Monde 2018 c’est aussi la dernière étape avant le couperet des listes de 23 du mois de Mai. Pour l’équipe nationale du Japon et Vahid Halilhodzic il s’agissait de retrouver un peu de confiance après plusieurs rassemblements piteux et de faire un dernier tour d’horizon des forces à sa disposition.

Deux matchs de préparation organisés par la fédération japonaise du côté de la Belgique et de Liège face au Mali et l’Ukraine devaient permettre cela. Des adversaires qui n’étaient pas choisis au hasard. Des pays frontaliers au Sénégal et à la Pologne que le Samurai Blue affrontera en Juin dans le groupe H, aux styles de jeu supposés proches mais avec moins de qualités intrinsèques. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec ce qu’on a vu cette semaine, on a peur du ridicule pour cet été.

Récit de notre périple au pays des Rouches et des grands maux de ce Japon « vahidien ».

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Allemagne – Azerbaïdjan à Kaiserlautern

En 2014, j’avais traversé la moitié de la France pour aller vivre la finale de la Coupe du monde en Allemagne. Entre stress, Pils et saucisses, la soirée avait surtout été marquée par l’ajout d’une quatrième étoile de champion du monde sur le maillot de  » die Nationalmannschaft« . Trois ans plus tard, c’est une troisième coupe des confédérations qui s’est ajoutée au palmarès déjà bien fourni d’une équipe bien décidée à aller chercher le troisième back to back de l’histoire de la compétition.

Pour cela, il fallait en passer comme (presque) tout le monde par une phase de poule : plus de qualification directe à l’ancienne pour le vainqueur. Dans un groupe assez prenable composé de San Marin, de l’Azerbaïdjan, de la Norvège, de la République Tchèque et de l’Irlande du Nord, l’Allemagne n’a pas fait de détail. Avant cette dixième et dernière journée, le champion du monde est déjà qualifié avec 9 victoires en autant de rencontres, pour 38 buts pour et 3 contre. Menés par Goretzka et un Thomas Muller en feu (5 buts, 7 passes décisives), les Allemands devaient terminer le travail à domicile contre une équipe d’Azerbaïdjan balayée 1-4 à l’aller.

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Everton – Hajduk Split (Europa League)

La Premier League est impitoyable et malgré l’excellente saison d’Everton, ils devaient passer cet été par un tour de Barrages pour se qualifier en Europa League. Ce sont les croates d’Hajduk Split qui se sont confrontés à eux. Honnêtement, j’ignorais l’existence de ce club avant ce match, et même de cette ville touristique (il fallait lire nos copains de Footballski et notamment cet article avant, note du relecteur). Split est la deuxième ville la plus peuplée de Croatie avec 500 000 habitants dans l’agglomération (proche de 800 000 pour Zagreb). J’ai donc pu découvrir à quel point ce tirage était intéressant puisque le club d’Hajduk Split a le groupe de supporters le plus ancien d’Europe : La (ou le ?) Torcida Split, groupe fondé en 1950 ! Et des ambiances incroyables à domicile. Pour autant, ce déplacement étant tombé au dernier moment il était difficile de savoir si les croates allaient être extrêmement nombreux ou non. Ils seront au final près d’un millier à venir de Croatie mais aussi de toute l’Europe ou des branches de la Torcida Split ou plus largement du club existent (j’ai cru en voir de Norvège ou de Wigan). Everton est leur plus gros match européen depuis 2012 contre l’Inter Milan.

Ce match débute donc en ville avec le rassemblement du millier de fans à la gare de Lime Street, sans la quitter jusqu’au cortège menant au stade, dès le début d’après-midi. La très grande majorité des supporters semblent être des membres de la Torcida avec l’attirail habituel des Ultras. Ils étaient visiblement désintéressés du tourisme. Et je ne peux pas vous cacher que c’est un ou si ce n’est le groupe de supporters le plus intimidant que j’ai vu, dont aucun membre ne fait exception. Muscles et tatouages prédominent. Et sur certains t-shirts de la « Hardcore Division », on lisait un peu amical « Anty-Islam ». Cependant, Europe de l’Ouest et rigueur de l’UEFA oblige, on savait que la Torcida Split se tiendrait un peu plus à carreaux notamment dans l’usage d’engins pyrotechniques au stade.

https://twitter.com/TheShowOff85/status/898329959264993280

C’est dans un cortège imposant mais rarement bruyant et accompagné de quelques forces policières (jamais démesurées ici) que les croates partent de Lime Street jusqu’à Goodison Park, soit 45 minutes de marche. Tandis qu’eux vont prendre place en parcage, je prends place à côté du parcage pour être au plus proche de l’ambiance. A 10£ la place, l’Europa League est enfin un excellent moyen de se mettre très bien à Goodison Park.

Les fans croates peuvent alors se mettre à chanter sans discontinuer, sans pyrotechnie non plus, tandis que les fans d’Everton répondront sur de très courtes séquences des simples « EVERTON« , « EFC » ou par des signes montrant le score. Néanmoins, la tension qui s’installe entre les deux camps permet d’atteindre un volume sonore assez rare pour Everton. Des débordements vont alors avoir lieu avec une vingtaine de supporters qui vont sortir de la tribune (un seul ira jusqu’au terrain), obligeant l’arrêt du match pour 5 minutes. Quelques sièges (j’en ai vu 2 ou 3) vont également voler. Depuis mon siège, c’était bien divertissant et le danger semblait toujours loin. Ce genre d’échauffourées dont on sait qu’il ne se passera rien.

Intelligemment, la sécurité se chargera alors simplement de faire un barrage (sans répondre par la violence) jusqu’à un très rapide retour au calme, ou plutôt aux chants. Les supporters croates ne semblaient globalement avoir aucune intention de nuire à quelqu’un, en témoigne l’absence d’une quelconque échauffourée ou dégradation en ville. Évidemment, il y’a toujours des individus plus motivés / plus bourrés que d’autres là-dedans et les vidéos donnent un rendu spectaculaire.

https://twitter.com/brendan03190168/status/898300990050512896

Pour ce qui est du sportif, ce match aura été l’occasion de présenter la recrue Sigurdsson aux fans en avant-match, et sinon d’y voir une victoire 2-0 d’Everton qui ne souffre d’aucune contestation. Le spectacle était dans les tribunes.

 


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[Euro 2016] Croatie – Portugal à Bollaert

A quelques jours du match, il était encore temps de se procurer des places à 5€ remises en vente par l’UEFA. Je me suis donc dirigé vers ce huitième de finale Croatie – Portugal à Lens. Il est un peu plus difficile de participer à la fête, barrière de la langue oblige, mais on peut observer le spectacle donné par les croates dans le petit centre-ville de Lens. Beaucoup de supporters sont probablement logés sur Lille et les festivités d’avant-match en deviennent certainement un peu limitées par cela sur Lens.

Le stade Bollaert n’est pas une découverte pour moi, c’est l’un des plus beaux de France de l’intérieur lorsqu’il est habité par ses supporters. Mais je me demande comment le dossier de rénovation du stade a pu être accepté, alors que le club est dans une énorme m**** financière. D’autant que même rénové, on est toujours loin du stade moderne. D’autres stades comme la Beaujoire n’étaient valides pour l’Euro que sous réserve d’entreprendre une rénovation, alors qu’il n’a heureusement rien à envier de Bollaert.

Pour le match, on est plutôt heureux de se retrouver dans la tribune des croates. L’ambiance promet d’être plus électrique et moins policée qu’avec le Portugal. La sélection croate divise le pays avec de nombreuses histoires de corruptions autour de la fédération et de certains joueurs dont Modric, le mal-aimé du pays. Ainsi, il y’a déjà eu quelques problèmes lors des matchs de poules avec des jets de fumigènes sur la pelouse afin de montrer son mécontentement. Pour l’instant, ce ne sont que des signes de contestations. Sans eux on n’aurait probablement jamais eu vent de ces histoires. On ne sait en revanche pas trop jusqu’où cette histoire peut aller.

A Lens, au milieu des croates, l’ambiance va être tout à fait correct et sans aucun débordement. C’est amusant de se retrouver librement au milieu des croates, tandis qu’il devient si difficile en France d’accéder à des matchs en parcage visiteur. Les croates mettent une bonne ambiance, et contrairement à ma première pensée les supporters portugais face à nous font aussi un bel effet. Je les pensais aussi passif que les espagnols mais ils s’en sortent mieux.

Sur le terrain ce n’est pas la fête puisqu’il ne va pratiquement rien se passer malgré un engouement au jeu supérieur du côté des joueurs croates. Rien jusqu’aux prolongations. Rien pendant les prolongations. On se dit alors qu’on aura moins la chance de voir une série de TaB puisqu’il ne reste plus qu’une minute de jeu. La malchance nous poursuit alors : les croates continuaient à jouer et offrent un énorme contre aux portugais qui se feront un plaisir de le conclure et de nous gâcher de bout en bout notre plaisir. La Croatie est éliminée.